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Gestion des données : repenser le système de santé américain

Ancien président de la Chambre des représentants aux États-Unis, Newt Gingrich encourage les établissements de santé à se convertir aux technologies les plus récentes pour utiliser efficacement les informations, dans leur intérêt et celui de leurs patients.

Par Barry Gay

Pouvez-vous nous en dire plus sur le Centre pour la transformation du système de santé, et plus précisément sur son rôle moteur dans la transformation du système de santé américain ?
Newt Gingrich : L’objectif du Centre pour la transformation du système de santé est de créer un système de santé intelligent, adapté au XXIe siècle et capable de sauver des vies tout en réalisant des économies. Nous pensons que grâce à toutes les technologies modernes dont nous disposons, nous pouvons aider les gens à vivre mieux et plus longtemps, en ayant moins recours aux hospitalisations. Les gens seraient en meilleure santé et les coûts baisseraient : être en bonne santé reste la forme de traitement la moins chère qui soit. Nous voulons donc repenser l’ensemble du système pour permettre aux gens d’avoir la vie la plus longue possible et de rester actifs et indépendants lorsqu’ils vieillissent.

De quel type de technologies parlez-vous ?
NG : L’Institut de médecine américain estime que près de 8 000 Américains meurent chaque année suite à des erreurs d’origine médicamenteuse. De 44 000 à 98 000 autres décès sont liés à des erreurs commises par l’hôpital. L’Institut de médecine américain affirme que créer un dossier médical électronique est essentiel pour parvenir à réduire la fréquence de ces erreurs, et donc à sauver des vies. Pensez à une carte bancaire : n’importe où dans le monde, il vous suffit de votre carte et de votre code pour accéder à l’argent de votre compte bancaire.

Nous voulons que le système de santé adopte une technologie similaire afin qu’où que vous soyez, vous puissiez recevoir un traitement approprié, basé sur des informations fiables. Si vous avez une maladie chronique comme le diabète, l’asthme, l’arthrite, ou un problème cardiaque, nous voulons que vous ayez un dossier consultable sur un écran, pour voir comment vous devez vous soigner, si vous l’avez fait correctement et quels sont vos problèmes de santé.

Avez-vous un exemple d’établissement qui n’a plus recours aux dossiers papier ?
NG : L’hôpital Piedmont d’Atlanta a adopté un système dans lequel les médecins font leurs prescriptions de manière électronique, ce qui – parallèlement à un programme d’amélioration de la qualité – a permis de réduire les erreurs médicamenteuses de 93 %. Ils étaient impressionnés de voir les économies réalisées et l’amélioration de l’état des patients.

Combien de temps faudra-t-il pour que ce type de technologie parvienne dans un plus grand nombre d’hôpitaux ?
NG : Au bout du compte, la transition demandera cinq à dix ans. Dans l’intervalle, vous pourrez constater des changements immenses dans notre système de santé : il sera plus centré sur vous, le patient, et sur votre santé, grâce à des programmes de dépistage précoce et de bien-être. Des systèmes de prise en charge pour les malades chroniques seront mis en place. Nous voyons déjà un travail de ce type pour les malades du cancer. Aujourd’hui, les malades qui survivent à un cancer sont plus nombreux qu’il y a trente ans. Et il n’est pas rare de rencontrer quelqu’un qui a eu un cancer voilà trente ou quarante ans et qui n’a pas rechuté.

Quel est le plus grand défi du système de santé américain aujourd’hui ?
NG : Notre plus grand défi est de transmettre des informations sur le prix et la qualité des services, pour que chaque Américain puisse prendre la meilleure décision possible sur ses soins. Le client ne peut pas être responsabilisé et le marché ne peut pas fonctionner si les informations sur les prix et les performances ne sont pas accessibles.

Vos idées demandent de changer de mode de pensée. Selon vous, quels sont les changements culturels à prévoir ?
NG : Il s’agit simplement de permettre à chacun d’utiliser les informations disponibles pour déterminer quelles sont les meilleures pratiques, découvrir les dernières avancées scientifiques, et donc d’aider chacun à prendre en charge sa propre vie. Imaginons que vous ayez du diabète ou de l’arthrite rhumatoïde : vous allez devoir vivre avec pour le restant de vos jours. Mais grâce aux outils que nous sommes en mesure de vous donner, vous pouvez améliorer grandement votre situation.

Par exemple, la chaîne de supermarchés Safeway vous permet d’aller sur son site Internet pour voir tout ce que vous avez acheté chez eux dans les quatre-vingt-dix derniers jours. Vous pouvez indiquer de quelle maladie vous souffrez et, en fonction de ce que vous achetez habituellement, le site vous recommandera les produits de substitution les mieux adaptés. C’est ce type de système riche en informations qui va, à mon avis, se développer dans les années à venir.

 

SAS accompagne la réforme des hôpitaux français


Le Plan hôpital 2007 préconise une réforme importante, celle de la tarification à l’activité (T2A) : l’allocation des ressources aux établissements de soins ne s’établira plus sur la base d’une dotation globale mais sur celle de l’activité effectivement réalisée. La réforme est entrée en vigueur le 1er janvier 2005 dans les établissements de santé privés, ceux du secteur public ayant jusqu’en 2012 pour s’y conformer par des étapes de financement progressives.

SAS, déjà très présent auprès des acteurs du monde hospitalier, a développé une solution logicielle adaptée à ces nouvelles exigences. « Hospital Intelligence Solution couvre l’ensemble des besoins suscités par le passage à la T2A », indique Antoine Rouillard, directeur de la division Secteur Public et Santé de SAS France.

Cette offre complète a déjà été adoptée par le CHU de Nantes et elle est en cours d’implémentation au CHU de Tours. Elle comporte plusieurs modules : l’analyse des coûts, le pilotage et les statistiques d’activités, la planification budgétaire et le pilotage de la stratégie.

« Outre le fait que tous les modules sont indépendants les uns des autres, l’offre reste ouverte, souligne Antoine Rouillard. Autrement dit, elle est transparente et peut s’adapter aux évolutions réglementaires, comme, par exemple, l’obligation récente de fournir un compte de résultats par pôle d’activité. L’installation de la solution complète permet par ailleurs une parfaite traçabilité des données. » Un atout susceptible de faciliter les actions de contrôle et d’audit interne.

 

BIOGRAPHIE
Newt Gingrich

Né en 1943, cet homme politique américain a été président de la Chambre des représentants de janvier 1995 à janvier 1999. Expert reconnu dans les domaines historique et militaire – il est membre du Defense Policy Board –, il s’intéresse également à la santé et a par exemple contribué, en tant que speaker, à la réforme du système de santé américain de 1996. Il a par ailleurs fondé en 2003 le Center for Health Transformation afin d’accélérer l’adoption de solutions qui aideront à résoudre les problèmes frappant le système de santé des États-Unis. Newt Gingrich a été nommé « homme de l’année » par le magazine Time en 1995.

 
Cet article est paru en juin 2008 extrait du magazine SASCOM France n°3
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