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Stop au virus de la fraude

Le coût de la fraude peut se chiffrer en dizaines de milliards d’euros. Les entreprises du privé comme du public commencent à s’organiser et recourent aux solutions proposées par SAS.

PAR FRÉDÉRIC MAGNAN

Depuis la simple exagération d’un sinistre déclaré à l’assureur, jusqu’au délit financier, la fraude est comme l’hydre de Lerne, cet animal mythologique aux têtes multiples. Présente dans de nombreux secteurs d’activité, notamment la banque, l’assurance ou les télécommunications, elle reste difficile à cerner et à saisir, et, pour finir, à annihiler. « Il existe un véritable vide juridique vis-à-vis de la notion de fraude, constate Florence Giuliano, directrice de la stratégie Risques chez SAS France et auteur d’une thèse sur la fraude à l’assurance. Si la notion de risque est désormais prise en compte réglementairement à travers les dispositions de Bâle II pour les banques et Solvency II pour les assurances, la fraude n’est toujours pas encadrée d’un point de vue législatif. Le code des assurances, par exemple, évoque uniquement la notion d’escroquerie. La même incertitude se retrouve lorsqu’il s’agit d’estimer le manque à gagner constitutif à la fraude, qui se chiffrerait en dizaines de milliards d’euros. Dans le domaine de l’assurance, par exemple, « l’absence de données chiffrées fiables s’explique par la nature même de la fraude, qui est un acte caché, et par la position des assureurs, qui manquent d’outils pour les mesurer », explique Florence Giuliano. Créée il y a vingt ans, l’Agence pour la lutte contre la fraude à l’assurance (Alfa) estime qu’elle représente près de 15 % des sinistres payés. Avec une répercussion immédiate sur le montant des primes d’assurances : la fraude représenterait près de 5 % des primes encaissées par les assureurs dommages dans certaines branches. « Dans le domaine de l’assurance tout particulièrement, la lutte contre la fraude influe directement sur la rentabilité de l’entreprise, qui se mesure à partir du “ratio combiné” sinistres/primes, souligne Florence Giuliano. Tout euro sauvé permet d’augmenter la profitabilité de l’assureur. »

Une maturité à renforcer

L’État estime pour sa part entre 28 et 40 milliards d’euros le montant de la fraude aux recouvrements d’impôts et aux cotisations sociales. Dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques menée par le gouvernement, il a été décidé en juin 2008 de créer une Délégation nationale de lutte contre la fraude (DNLF). Les différents acteurs de l’assurance maladie, comme la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), par exemple, mettent actuellement en place des moyens de détection et de lutte contre la fraude. « Tout comme la notion de risk management est entrée de manière récente dans les entreprises, la notion de fraude en est encore au début de sa maturité dans les différents secteurs économiques », note Florence Giuliano.

Des visages multiples

S’il est difficile de donner une définition exacte de la fraude, il est cependant possible d’en bâtir une typologie. La « fraude opportuniste » est sans doute la plus répandue : elle touche tous les secteurs de l’économie, le privé comme le public. Plus que par le montant moyen de la fraude, c’est par son volume qu’elle pèse sur l’économie. Elle est le fait de « fraudeurs d’occasion » : « des personnes habituellement honnêtes qui vont profiter d’une situation particulière pour agir de manière frauduleuse », explique Florence Giuliano. La « fraude réfléchie » est également le fait d’amateurs qui vont profiter d’une opportunité. Lors d’une déclaration de sinistre, par exemple, que ce soit pour un dégât des eaux ou un accrochage entre automobiles, le fraudeur aura tendance à augmenter le montant du dommage. Troisième type de fraude, la « fraude organisée » qui met en jeu des professionnels bien décidés à exploiter les défaillances d’un système. Proche de ce modèle, la collusion entre différents agents économiques aux compétences complémentaires (un garagiste, un expert et un assuré) qui s’entendent pour mener une action frauduleuse.
On l’aura compris, derrière chaque type de fraude se cache un individu, et de la même manière que l’entreprise a intérêt à bien connaître son client pour s’assurer de la pertinence d’une campagne marketing, elle a également besoin de bien saisir le comportement du fraudeur et du processus qui le conduit à passer à l’acte pour pouvoir lutter efficacement contre. « Quel que soit le secteur d’activité, ma proposition principale consistera à chercher à augmenter le taux de détection de la fraude », souligne Florence Giuliano.

Une méthode bien au point

Première étape de la méthode mise au point au sein de SAS : définir ce que recouvre le terme de fraude pour l’entreprise et quel sens lui donner ; puis prévoir les impacts sur l’organisation : le traitement de la fraude, souvent externalisé, devra en effet être recentré à partir du moment où les outils pour la traiter existent en interne. Cela posé, l’équipe de SAS commence par analyser les cas de fraudes les plus courants et les indicateurs utilisés par l’entreprise pour les repérer. À partir de ces premiers éléments, une base de données est créée. « Prises individuellement, certaines informations n’ont pas grande signification, comme par exemple la date de la souscription du contrat ou la date d’un sinistre, explique Florence Giuliano. Mais combinées entre elles, ces variables font sens, c’est à partir de ces combinaisons que nous créons des “clignotants de fraude”. » Ces clignotants, établis en amont, sont particulièrement pertinents dans le cas de fraude « opportuniste ». Les profils des dossiers à forte probabilité de fraude peuvent alors être définis. Et il en va de même pour les transactions : il est possible de déterminer celles qui sont le plus susceptibles d’engendrer des fraudes.
Il convient ensuite d’établir le modèle économique permettant de calculer le gain potentiel, ou retour sur investissement (ROI), à attendre d’une enquête approfondie menée sur un cas de fraude présumé. « La définition de ce “seuil optimal d’audit” est sans doute la partie la plus délicate à mettre au point », note Florence Giuliano. Prendre la décision de lancer une enquête signifie mobiliser des auditeurs en interne, faire appel à des experts externes. Tout cela prend du temps et coûte de l’argent.
SAS® Fraud Framework reprend les éléments de cette méthodologie dans différents modules. « Cette solution mise au point par SAS a été conçue comme un cadre d’une grande souplesse, capable de s’adapter à toute la variété des cas », souligne Florence Giuliano.

Florence Giuliano,
directrice de la stratégie Risques chez SAS France.
 

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Cet article est paru en mai 2010 extrait du magazine SASCOM France n°8