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Comment intégrer contraintes réglementaires et bénéfices opérationnels ?

L’accord international dit de « Bâle II » impose aux banques d’établir des systèmes de notation interne. Pour sa clientèle de détail, Dexia Banque Internationale à Luxembourg a créé et adopté son propre outil de gestion du risque et d’aide à la décision. Elle en tire un premier bilan pour SASCOM.

PAR FRÉDÉRIC MAGNAN

À deux reprises, en 1998 puis en 2004, le comité de Bâle, réunissant les directeurs des banques centrales des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), a publié des « recommandations » instaurant des règles de bonnes pratiques pour l’ensemble des banques. À charge pour chaque État, membre ou non de l’OCDE, de les transposer dans son droit propre. Les accords de Bâle II, derniers en date, ont avancé un ensemble de recommandations reposant sur trois piliers : l’exigence d’un minimum de fonds propres suivant un ratio calculé pour couvrir les risques de crédit, de marché et opérationnels ; l’instauration d’une procédure de surveillance des fonds propres reposant notamment sur la mise en place d’un processus interne d’appréciation de l’ensemble des risques ; enfin, une plus grande exigence de transparence du marché. « Par rapport à d’autres réformes, Bâle II a eu un impact beaucoup plus important sur les processus de gestion de la banque au jour le jour à travers le développement et l’utilisation des systèmes de notation interne », souligne Naji Freiha, directeur adjoint, responsable des modèles Bâle II et des fonds propres économiques au sein de Dexia Banque Luxembourg.

La notation interne s’impose à tous

Les systèmes de notation interne visent principalement à une meilleure maîtrise des risques de crédits. Avant même l’accord de Bâle, les banques majeures avaient bien évidemment déjà créé des systèmes de pilotage des risques de crédit. « Mais le mérite de la réforme est de pousser les banques à une normalisation et à une formalisation précises de leurs systèmes de notation », explique Naji Freiha. Surtout, la mise en oeuvre de la réforme réclame une véritable appropriation en interne de ses enjeux opérationnels, et implique un pilotage de projet et du changement sur un mode transversal, incluant la participation des différents départements, dont les services commerciaux, l’informatique et les risques. En outre, le texte même de l’accord international stipule que « tous les principaux éléments des processus de notation et d’estimation doivent être approuvés par le conseil d’administration de la banque, ou un comité ad hoc et la direction générale », influant par là sur la gouvernance et la surveillance de l’entreprise. Le secrétariat général de la Commission bancaire a précisé également, dès 2003, que « les systèmes de notation devront être utilisés dans le fonctionnement courant des établissements et intégrés à leur gestion jusqu’au niveau des instances dirigeantes ». Il ne s’agit donc pas pour les banques de se contenter d’établir des modèles statistiques servant uniquement au calcul des fonds propres, mais bien de produire pour son propre compte un véritable outil fiable, performant, utilisable au jour le jour.

Optimiser la prise de décision

La collecte exhaustive de données de qualité s’avère alors essentielle. Elles alimentent les nouveaux reporting et les modèles de notation, dits modèles de scoring, exploitant les comportements bancaires des clients et destinés in fine à « optimiser la gestion des décisions au quotidien, précise Naji Freiha. Les données récupérées durant la journée concernant les mouvements sur les comptes des clients, comme les avoirs et les retraits, sont exploitées statistiquement durant la nuit et traduites en notes, ou “scores”, qui sont injectés ensuite dans le système de production à destination des décideurs », résume ainsi le directeur adjoint, responsable des modèles Bâle II et des fonds propres économiques de Dexia Banque Luxembourg. « Nous avons retenu les solutions SAS, notamment à cause des bases de données interfacées avec notre système de production et reliées à des outils statistiques extrêmement développés. Nous pouvons ainsi procéder à des exploitations très ciblées en minimisant les manipulations des données de base », explique Naji Freiha. En l’espace de six mois, à partir de septembre 2003, les solutions SAS ont été mises en place aboutissant à une première édition de « scoring » en mars 2004. « Le fait d’impliquer les futurs utilisateurs de l’outil d’aide à la décision très en amont dans le processus de réflexion a facilité son appropriation par ceux-ci », remarque Naji Freiha. Le renforcement du traitement informatique de la notation améliore la vitesse de décision, constate-t-on encore chez Dexia Banque Luxembourg. « Le score de chaque client disponible en temps réel a permis l’instauration de procédures simplifiées de prise de décision par délégation pour les titulaires des comptes présentant les meilleurs risques », note Naji Freiha.

Réagir vite en temps de crise

En période de crise et de tension sur le crédit, toute banque se doit de réagir sans attendre les nouvelles normes réglementant le marché qui viendront tôt ou tard.
Ceci passe par une exploitation des informations très diverses disponibles sous forme de reportings existants ou à produire en vue d’une « autoestimation » des risques de la banque. Ces informations peuvent aussi être prises en compte et interprétées de manière à améliorer la « création de valeur » de chaque décision.
Les données des comptes clients ne sont plus seulement utiles à l’évaluation du risque, mais elles sont aussi appréciées d’un point de vue marketing : quels produits la banque peut-elle proposer à tel client dont les moyens financiers sont visiblement affectés par la crise ou à tel autre dont les dépôts continuent au contraire de progresser ? « Là encore, les outils SAS nous permettent de mettre au point rapidement, et à faible coût, une lecture ciblée des données, se félicite Naji Freiha.
L’intégration de SAS nous permet d’aller très vite dans le développement et le test de nouveaux indicateurs, mais aussi de définir de nouveaux reportings répondant à nos besoins spécifiques.»

Les solutions SAS

  • SAS® Management Console
  • SAS® Banking Intelligence Solution est une solution intégrée dédiée au secteur de la finance. Elle couvre les domaines de la connaissance client, du risque de crédit (credit scoring), de la lutte contre le blanchiment et contre la fraude, et repose sur la plate-forme intégrée SAS® Enterprise Intelligence Platform.
  • SAS propose aussi des solutions pour répondre aux besoins de pilotage dans les domaines de la conformité aux réglementations nationales, européennes et internationales, et la gestion du risque conformément à l’accord Bâle II. La solution SAS® Enterprise Risk Management prend en charge l’ensemble des processus associés à la mise en conformité avec les exigences de Bâle II.
 

DOSSIER

La gestion des risques, un enjeu vital
Prévoir l’incendie plutôt que sonner l’alarme
   
DEXIA
Dexia Banque Internationale à Luxembourg


Créée en 1856, la Banque Internationale à Luxembourg (BIL) intègre en 1996 le groupe paneuropéen Dexia, leader mondial du financement des collectivités locales, et devient Dexia Banque Internationale à Luxembourg en mai 2000.

Avec une quarantaine d’agences réparties dans le Grand-Duché et une dizaine à travers le monde, Dexia BIL est active dans les domaines de la banque de proximité, des salles de marché, mais aussi dans les métiers de gestion et d’administration de fonds, pour lesquels elle assume un rôle de responsable pour l’ensemble du groupe Dexia.

Dexia BIL compte 5 000 collaborateurs implantés dans 16 pays.

Résultat net du groupe Dexia 2007 : 2,533 millions d’euros.

Expositions du groupe Dexia en septembre 2008 : 969 millions, dont 2,2 % à Luxembourg.
 
Cet article est paru en mai 2009 extrait du magazine SASCOM France n°6