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Prévoir l’incendie plutôt que sonner l’alarme

Grâce aux solutions SAS, la brigade des sapeurs-pompiers de Londres (London Fire Brigade) analyse, prévoit et évalue les risques d’incendie auxquels sont exposés les 7,5 millions d’habitants du Grand Londres.

PAR STEPHEN FENERTY

Forte de 7 000 hommes et femmes, dont 5 700 engagés sur le terrain, la London Fire Brigade (LFB) est la plus grande brigade de sapeurs-pompiers du Royaume- Uni. Elle affiche aux premiers rangs de ses priorités les programmes de prévention des incendies et de sensibilisation du public. Avec une population de 7,5 millions d’habitants répartis dans 3,2 millions de foyers, « il est vraiment essentiel de cibler nos actions d’information sur les risques d’incendie là où elles sont les plus nécessaires », explique Andy Mobbs, responsable de l’information sur les risques à la LFB. « Nous effectuons 65 000 visites à domicile chaque année. Mais même à un tel rythme, il nous faudrait plus de cinquante ans pour aller voir tout le monde. Il est donc impératif de déterminer qui court le plus grand risque d’après nous, et quels sont les indicateurs clés », souligne Andy Mobbs.

Une quantité considérable de travail sur les risques d’incendie a déjà été effectuée à partir des rapports de décès dans des incendies, mais d’après le responsable de l’information sur les risques de la LFB, « le nombre de décès suite à un incendie est relativement faible, et prendre cet unique critère peut donner une vision biaisée de la réalité. Nous avons donc voulu prendre en compte un éventail de facteurs bien plus large, incluant le style de vie, le type de bâtiment et la zone géographique, afin de créer un modèle qui nous donne une meilleure vision des risques. » Cependant, comme toute structure, la LFB doit faire face à diverses formes de pressions fonctionnelles, pesant sur les ressources disponibles, sur le temps, et nécessitant un contrôle des coûts. Être mieux informé et s’assurer que le personnel et les actions sont investis là où ils auront le meilleur impact contribuent à la « politique d’efficience » du secteur public au Royaume-Uni. « Les pompiers sont souvent occupés, mais des périodes d’inactivité sont inévitables lorsqu’ils ne sont pas en train de répondre à une urgence », explique Andy Mobbs. « Nous voulons mettre à profit ce temps, et voir comment l’utiliser pour améliorer la sécurité des personnes. La question fondamentale est donc de parvenir à mieux distribuer les ressources. »

Des données variées et précises jusqu’à celles du cadre de vie

Dans un premier temps, l’équipe d’Andy Mobbs a travaillé à la modélisation du programme de prévention des incendies sur un logiciel « open source » qui semblait suffisant pour la phase de développement. Mais une solution plus fiable est devenue nécessaire lorsqu’il s’est agi d’étendre le système. « Notre transition vers SAS nous a permis d’intégrer un produit stable, auquel nous pouvons nous fier », souligne Andy Mobbs, qui estime que les logiciels d’analyse utilisés par la brigade, notamment ceux de SAS, participent clairement à la modernisation du service.

La LFB utilise SAS® Analytics comme solution d’analyse des risques d’incident depuis 2008. Le modèle développé par SAS opère à partir de plus de 60 flux de données différents, telles les informations issues du recensement, les types d’occupation des sols, les données sur la pauvreté, la diversité des modes de vie, ou encore les activités de prévention déjà effectuées… Ce modèle vise à améliorer la compréhension de la « probabilité d’incident », c’est-à-dire à prévoir où des incendies sont les plus susceptibles de se déclencher, en particulier les « incendies domestiques accidentels ».

« Nous voulions nous détacher des données historiques sur les incidents, des endroits qui avaient connu des incendies par le passé pour identifier plutôt ce qui pourrait advenir », explique Andy Mobbs. Les reporting fournis par SAS prennent la forme de cartes très claires, représentant les niveaux d’incidents prévus. Elles sont principalement utilisées dans les casernes afin de planifier et cibler les visites à domicile dans les zones où le risque est le plus élevé. « Ces résultats aident à s’assurer que les visites à domicile sont basées sur un ciblage, et non sur des événements aléatoires, afin de toucher des personnes dans des quartiers spécifiques, dans les bonnes rues, et de frapper aux bonnes portes d’immeubles », affirme David Hyatt, directeur de la gestion de l’information de la LFB.

L’épreuve des faits

Les modèles de SAS Analytics sont mis à jour chaque trimestre en moyenne, à partir des nouvelles données sur les incidents. « Nous reconstruisons les modèles de plus en plus fréquemment, pour visualiser l’évolution du risque, poursuit David Wyatt. Nous créons également des rapports ad hoc pour les équipes internes, notamment pour la sécurité publique contre les incendies. Nous observons, par exemple, les événements autour du 5 novembre (la nuit de Guy Fawkes, célébrée par des feux d’artifice et des feux de joie). Ces informations précises améliorent notre compréhension des événements, et nous aident dans nos partenariats avec les autorités du Grand Londres, la police métropolitaine et les transports londoniens. »

Andy Mobbs indique également que le fait de pouvoir prouver les chiffres obtenus représente un net avantage pour intégrer la culture de conscience du risque et prouver ses résultats à la brigade. « La perception que les personnes ont des risques ne correspond pas toujours au risque auquel nous avons réellement affaire. Pouvoir présenter des chiffres concrets influe fortement sur nos interlocuteurs, et nous permet de les convaincre d’adopter notre manière de voir les facteurs de risques, tant géographiques qu’humains. Un autre avantage est que SAS est nettement plus simple à utiliser. Avoir une solution disposant d’un bon support est très stimulant pour l’équipe : les personnes peuvent se concentrer sur leur travail plutôt que de se battre avec les logiciels, souligne Andy Mobbs. Je suis très heureux de ce que nous avons accompli, et par bien des aspects, je crois que nous avons un rôle de pionniers. Par des contacts informels avec des collègues d’autres brigades, et par d’autres voies plus formelles, comme la conférence sur les risques que nous avons organisée à Londres, nous essayons de partager nos idées et de mettre en avant la nécessité d’obtenir une meilleure compréhension des facteurs de risques liés aux incendies. En termes de meilleures pratiques, je pense que notre approche pourrait facilement être appliquée à d’autres brigades », conclut Andy Mobbs.

SAS® Analytics aide à protéger les personnes et les biens immobiliers

Au cours des deux dernières années, Londres a connu le taux d’incendies graves le plus faible de toutes les zones métropolitaines d’Angleterre. En 2007-2008 :

  • Les incendies primaires ont baissé de 8 %.
  • Les incendies domestiques accidentels ont reculé de 7 %.
  • Les incendies volontaires ont baissé de 12 %.
  • Les incendies de véhicules abandonnés ont chuté de 22 %.

Prédire l’avenir grâce aux logiciels

En utilisant des logiciels de prévision, les organisations peuvent analyser et prédire les processus qui se déroulent dans le temps, identifier des tendances jusqu’alors insoupçonnées et anticiper les fluctuations de manière à prévoir l’avenir plus efficacement. Qu’il s’agisse de comprendre les tendances passées, d’anticiper un événement ou de mieux comprendre le fonctionnement d’une activité, des outils analytiques adaptés assurent la réussite : la solution de prévision SAS/ETS® intègre séries temporelles et techniques économétriques pour modéliser, prévoir et simuler les processus business. Le serveur de prévision SAS génère rapidement et automatiquement une grande quantité de prévisions de haute qualité, qui permettent aux organisations de prévoir le futur plus efficacement.

 

DOSSIER

La gestion des risques, un enjeu vital
Comment intégrer contraintes réglementaires et bénéfices opérationnels ?
   

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Cet article est paru en mai 2009 extrait du magazine SASCOM France n°6