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La gestion des risques, un enjeu vital

Alors que la crise s’installe partout dans le monde, touchant les pays émergents comme les grandes puissances économiques, la gestion du risque prend un caractère primordial, voire vital pour certaines entreprises. Mais des solutions existent.

PAR FRÉDÉRIC MAGNAN

À l’origine de la crise qui fait trembler aujourd’hui les économies de tous les continents, on trouve certains éléments au fondement même de la théorie du risque : mauvaise interprétation de la réalité du risque, sous-évaluation du risque de solvabilité, opacité de la chaîne des produits financiers. Ces mêmes produits dérivés qui, durant la dernière décennie, ont permis aux entreprises de se prémunir du risque financier, dans bien des cas se retournent aujourd’hui contre elles en même temps que la conjoncture. Tous les ingrédients du risque financier, l’une des deux grandes familles de risques avec le risque d’assurance, se retrouvent aujourd’hui dans la même potion amère : forte fluctuation de la valeur des actifs, des taux d’intérêts et des taux de change. À cela s’ajoute une crise de liquidités bancaires, fragilisant du même coup les entreprises en quête de financement. Parallèlement, les risques liés à l’assurance prennent une acuité nouvelle alors même que, depuis dix ans, « les risques d’assurance se sont beaucoup renouvelés : plus divers, de portée plus large et plus difficiles à évaluer », note Pierre Picard, président du département d’économie à l’École Polytechnique et spécialiste du risque [voir l’interview ci-dessous].

Des risques multipliés

Si les entreprises ont toujours été confrontées à l’engagement de leur responsabilité, des risques nouveaux pèsent désormais sur elles : risques environnementaux, comme la pollution d’un site, l’explosion d’une usine ; risques produit, dans le cas d’un manquement à des normes de sécurité… Parallèlement, la législation s’est durcie. En France, les dispositions législatives concernant la sécurité du travail, par exemple, ont élargi le domaine d’application de « la faute inexcusable de l’employeur », souvent invoquée dans le cas des dossiers liés à l’amiante. Enfin, la législation sur les règles de concurrence a été renforcée, avec des conséquences non négligeables pour les entreprises prises en faute condamnées à payer une amende calculée par rapport à leur chiffre d’affaires.
Mais il est un autre type de risques qui, ces dernières années, a fait beaucoup de bruit tant les conséquences de leur réalisation étaient énormes : fraude, manquement au règlement interne de l’entreprise, erreur d’appréciation de l’employé et de son encadrement… On retrouve dans l’affaire Kerviel, le trader de la Société Générale, certains éléments caractéristiques du « risque opérationnel », susceptible d’affecter l’entreprise dans son fonctionnement même. Mais ce risque opérationnel, d’origine humaine ou technique, peut également concerner la chaîne de fabrication d’un produit ou le réseau informatique.

Les outils de gestion du risque

« Risk Management » devient aujourd’hui un élément de la création de valeur de l’entreprise. Chaque entité de l’entreprise participe alors de manière intégrée à la prévention, la détection, l’analyse et la gestion des risques.
Bien avant le début de la crise, les régulateurs respectifs des secteurs bancaire, d’une part, et de l’assurance et réassurance, d’autre part, ont développé une réglementation qui pousse notamment les acteurs concernés à adopter de nouvelles règles de gouvernance en matière de gestion des risques. Les règlements dits de « Bâle II » pour les banques, suivis prochainement de « Solvency II » pour l’assurance, poussent les sociétés à mieux définir et estimer les différents types de risques (de crédit, de marché ou opérationnels), avec en plus, pour les assureurs, les risques de souscription en assurance vie et non-vie.
Afin de satisfaire aux exigences de ces nouvelles réglementations, SAS a développé des offres intégrées à travers les solutions Risk Management for Banking, d’une part, et Risk Management for Insurance, d’autre part. « Basée sur l’Enterprise Risk Management, l’approche de SAS est transversale et ne considère pas les différents types de risques comme indépendants les uns des autres », explique Florence Giuliano, directeur de la practice Risque chez SAS France et spécialiste de l’assurance. Le traitement de l’information par les solutions SAS suit une véritable chaîne intégrée, depuis l’extraction de la donnée au sein d’une base spécifique jusqu’au reporting sous la forme de tableaux ou de graphiques à l’ergonomie particulièrement poussée, apportant une véritable aide à la décision. La traçabilité de la donnée est assurée à travers tout son cheminement dans un sens comme dans l’autre, de la source au reporting et vice versa. « Ceci constitue une autre particularité des solutions SAS très appréciée des entreprises, car la nouvelle réglementation insiste sur le développement de systèmes de notation et de contrôle interne », souligne Florence Giuliano [voir l’article sur Dexia].


INTERVIEW EXPERT SAS
En période de crise, le risque pèse plus lourd

Du risque financier au risque opérationnel, le risque en temps de crise réclame une gestion encore plus fine, l’erreur pouvant avoir des conséquences fatales pour l’entreprise.

Dans le contexte actuel de crise, quelles sont les évolutions majeures des risques pour les entreprises ?
Dans une période de récession, une des questions fondamentales pour les entreprises est celle de l’accès au financement. On l’a bien vu après le passage de l’ouragan Katrina sur la Nouvelle-Orléans en 2005 : pour parer à ce choc très violent pour l’industrie de l’assurance et de la réassurance, celle-ci a fait appel à de nouvelles formes de titrisation, créant des produits comme les « side-cars », pour dépasser les limites de la mutualisation des risques et étendre son financement à des acteurs a priori non concernés par le risque spécifique. Aujourd’hui, alors que les mécanismes de crédit sont grippés, il est primordial d’inventer des outils permettant aux entreprises de disposer de ressources financières de manière plus souple. Si la crise actuelle trouve son origine dans une crise financière, sa résolution se trouvera également en partie dans la finance.

En dehors de la question du financement, quels types de risques vous paraissent exacerbés aujourd’hui ?
Les risques opérationnels, les risques de fraudes ou de manque de transparence, notamment dans le cadre des règles de concurrence, mais aussi les risques liés au droit du travail, aux maladies professionnelles ou à la responsabilité vis-à-vis du client qui prennent un relief particulier en ces temps de doute. Ils peuvent devenir une source de déstabilisation majeure pour l’entreprise. Le non-respect des règles de concurrence, par exemple, sanctionné par le juge a des conséquences financières très lourdes pour l’entreprise incriminée. Le besoin de transparence est très fort actuellement, et la non-transparence apparaît comme un nouveau risque en matière de Risk Management.

Comment gérer ces risques ?
La gestion du risque n’est pas seulement une question de contrat d’assurance, aujourd’hui encore moins qu’hier. C’est aussi une question d’organisation de l’entreprise. L’effort nécessaire pour avoir un meilleur fonctionnement de l’entreprise devient crucial dans le contexte actuel. À ce titre, les systèmes d’information, fiables et à la sécurité renforcée, réclament la plus grande attention.

BIOGRAPHIE
PIERRE PICARD


Ancien élève d’HEC, Pierre Picard est professeur et président du département d’économie de l’École Polytechnique. Spécialiste reconnu de l’assurance, il est coresponsable de la chaire AXA-Assurance et Risques majeurs de la Fondation du risque, créée par quatre institutions de formation et de recherche : le Centre d’études actuarielles (CEA), l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae), l’École Polytechnique et l’Université Paris-Dauphine. Il est également coéditeur de la Geneva Risk and Insurance Review.

 

 

DOSSIER

Prévoir l’incendie plutôt que sonner l’alarme
Comment intégrer contraintes réglementaires et bénéfices opérationnels ?
 
Cet article est paru en mai 2009 extrait du magazine SASCOM France n°6