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Le développement durable, une priorité

Acteur majeur des secteurs de l’énergie et de la santé, GE (General Electric) a intégré très tôt les problématiques liées au développement durable pour offrir des solutions innovantes et respectueuses de l’environnement à ses clients. Interview de la présidente de GE en France, Clara Gaymard.

Par Eric Allermoz

Comment GE aborde-t-il la question du développement durable ?
Clara Gaymard : GE est aujourd’hui positionné sur les produits de haute technologie, à forte valeur ajoutée. Leur développement demande plusieurs années de travail et nécessite une réflexion préalable sur les demandes de demain. Jeffrey Immelt, notre P-DG a décidé il y a cinq ans, et cela bien avant tous nos concurrents, que l’environnement n’était pas seulement un aspect à prendre en compte dans le développement de nos projets, mais une priorité. L’idée était toute simple, encore fallait-il l’avoir. Pour une société comme GE qui produit tout ce qui touche aux infrastructures, par exemple des turbines à gaz, des usines de dessalement, mais aussi des moteurs d’avion et des locomotives, il était nécessaire de prendre en compte l’aspect environnemental. Celui-ci est devenu une priorité pour les compagnies aériennes et certains secteurs industriels, en particulier ceux de l’électricité et du pétrole.

Comment vous êtes-vous préparés à ces nouvelles demandes ?
CG : Nous investissons 1,5 milliard de dollars (soit 950 millions d’euros) par an dans la recherche, ce qui n’est pas négligeable. Nous savons que nous prenons des risques en investissant de telles sommes, mais nous essayons de les optimiser au mieux en ayant toujours conscience des objectifs que nous voulons atteindre. En cherchant à rendre nos produits plus respectueux de l’environnement et moins énergivores que ceux de nos concurrents, nous arrivons à créer des solutions innovantes. Nous accélérerons ainsi la croissance de notre entreprise.

Avez-vous un exemple particulier ?
CG : L’exemple le plus frappant concerne l’éclairage. Seulement 5 à 10 % de l’énergie consommée par une ampoule classique produit effectivement de la lumière, le reste est dissipé sous forme de chaleur. Si on les remplace par des diodes électroluminescentes, 100 % de l’énergie consommée est alors utilisée pour produire de la lumière. Ce que nous proposons aujourd’hui va encore plus loin, c’est un éclairage par OLED (diodes électroluminescentes organiques). La particularité d’un écran OLED réside dans sa souplesse. Une telle technologie a généralement un coût de production très élevé, mais après quatre années de recherche, nous avons réussi à faire de la fabrication à grande échelle en utilisant des rotatives semblables à celles qui peuvent être utilisées pour imprimer des journaux. Les économies d’énergie réalisables seront de l’ordre de 90 %, sans parler des gains financiers.

Comment avez-vous intégré les problématiques liées au développement durable à la stratégie de GE ?
CG : Pour mettre l’environnement au centre de notre stratégie d’entreprise, nous avons imaginé le concept d’Ecomagination. En trois ans, nous avons développé 50 nouveaux produits sous ce label, en fonction de deux critères. Ils doivent améliorer les performances des produits existants et réduire de manière quantifiable leur impact environnemental. Ils rencontrent un vrai succès auprès de nos clients, car ils correspondent à une demande réelle. D’après nos estimations, ces produits devraient générer près de 20 milliards de dollars, soit 12,7 milliards d’euros, d’ici à 2010. Dans le cadre d’Ecomagination, nous proposons aussi à nos clients un accompagnement sur les questions du respect de l’environnement.

Le développement durable est intégré à votre stratégie globale, mais de quelle manière le traduisez-vous dans vos différents secteurs d’activité ?
CG : Nous veillons à ce que chacune de nos activités ait comme priorité l’environnement. En prévision des demandes de technologies plus propres de l’industrie pétrolière, nous avons par exemple créé un nouveau compresseur (machine destinée à augmenter la pression d’un fluide) qui ne rejette pas de CO2. Pour l’industrie aéronautique, nous avons développé le moteur GEnx qui devrait équiper les nouveaux Boeing 787. Il devrait consommer 20 % de moins que les moteurs d’ancienne génération, et diviser par deux le rejet d’émissions polluantes.

Quelle place le développement durable aura-t-il dans le marché mondial de demain ?
CG : Les enjeux de développement durable vont devenir incontournables. Les sociétés avec lesquelles nous travaillons ont de plus en plus besoin d’intégrer cette notion à leur politique de développement. Le problème, c’est que les solutions qui existent aujourd’hui sont encore trop peu nombreuses. Nous travaillons donc continuellement sur des prototypes, pour pouvoir proposer des solutions nouvelles à nos clients.

OLED, une solution pour les écrans du futur

OLED

D’une taille inférieure au millimètre, l’OLED (diode électroluminescente organique) a été inventée en 1987. Trois OLED placées côte à côte (une rouge, une verte et une bleue), soumises à une tension électrique, produisent la lumière nécessaire à un pixel d’écran vidéo. La particularité de ces écrans réside dans leur souplesse, et permet une large gamme d’application, des téléphones portables (voir ci-contre) aux téléviseurs.


Clara Gaymard,
Présidente de General Electric en France
 

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Objectif entreprise durable
L’impact écologique sous surveillance
   


Statut :
Groupe américain, deuxième capitalisation boursière au monde, côté en bourse au New York Stock Exchange.
Date de création : 1892.
Activité : Composé de quatre branches, GE opère dans des domaines nombreux et variés : le transport, l’énergie, l’eau, la finance, la santé. Le groupe possède également des chaînes de télévision.
Implantation : GE est présent dans plus de 100 pays dans le monde.
Effectif : 319 000 salariés, dont 10 000 en France.
R&D : 2 500 chercheurs, disposant d’un budget annuel de 5,7 milliards de dollars.
Capitalisation boursière :
347,7 milliards de dollars (221,4 milliards d’euros).
Bénéfices nets (2007) : 22,2 milliards de dollars (14,3 milliards d’euros).
 
Cet article est paru en octobre 2008 extrait du magazine SASCOM France n°4