UOB (United Overseas Bank)
La créativité positive pour éliminer les risques complexes

Le directeur de la gestion des risques de United Overseas Bank aborde la corrélation entre les classes de risque et le développement de meilleures procédures de contrôle des risques pour le secteur bancaire — en temps quasi réel

Voici une vision très simple des risques bancaires : tous les risques sont bons dès lors qu'ils sont estimés à leur juste valeur. Une fois que vous avez saisi ce principe fondamental, vous comprenez vite l'importance de la précision du calcul du prix de chacun d'entre eux.

Depuis le début de notre collaboration avec SAS, nous avons réalisé que nous avions des objectifs assez proches et un même état d'esprit, ce qui nous permet de développer des solutions communes.
United Overseas Bank Tham Ming Soong

Tham Ming Soong
Former Chief Risk Officer at UOB

Or, la tarification des actifs et l'optimisation de portefeuille demeurent extrêmement complexes pour de nombreuses banques internationales. Nous avons d'ailleurs tous été témoins récemment de l'effet de mauvaises évaluations de prix des crédits. Un calcul erroné entraîne une mauvaise estimation des risques et les réserves de capitaux ne sont pas suffisantes pour protéger la banque contre les pertes potentielles.

Problème : le calcul de multiples facteurs de risque sur des millions de crédits et de capitaux de sécurité peut prendre des jours, rien que pour une division d'une grande banque — puis il faut combiner le risque de crédit au risque du marché pour avoir une vision globale, et évaluer le véritable risque pour l'entreprise tout entière.

SAS et United Overseas Bank (UOB) ont travaillé en étroite collaboration pour résoudre ce problème au moyen d'une solution analytique ultra-performante associant calcul distribué, calculs matriciels et traitement in data-base.

Le directeur de la gestion des risques d'UOB revient sur le démarrage du projet et les avantages des calculs de risque en temps quasi réel pour le secteur bancaire.

SAS : Comment le secteur bancaire a-t-il évolué par rapport à la même période de l'année dernière ?

UOB : Le secteur a quelque peu changé. Nous avons tous été témoins du développement de la crise actuelle. En Asie, les banques ont été dépassées par les événements. Nous nous attendons à un renforcement des réglementations dans les mois qui viennent, à la fois pour les capitaux et les liquidités. Les banques sont malheureusement toujours empêtrées dans des revues de conformité et ne parviennent pas à encourager le renforcement des contrôles en interne.

SAS : Vous êtes en charge de la gestion globale des risques de l'établissement bancaire, à savoir le risque de crédit, le risque de marché et le risque opérationnel. Comment les exigences ont-elles évolué dans ce domaine par rapport à l'année dernière ?

UOB : En 2006, nous avons commencé à revoir nos critères de gestion des risques. À l'époque, nous cherchions à regrouper nos structures de gestion des risques de crédit, de marché et de liquidités. Mais la crise est passée par là et l'urgence est désormais de mieux comprendre l'interaction des différentes classes de risque. Le risque de crédit a toujours été géré selon une approche par silo. Or, si l'on observe l'impact des prêts non performants sur les besoins de financement, par exemple, on s'aperçoit que le lien a trop longtemps été sous-estimé.

SAS : Pourquoi est-il important de gérer la répartition des risques et des capitaux à l'échelle de l'entreprise, et non à l'échelle d'un service ?

UOB : Les transactions ou pools de transactions peuvent sembler très rentables, mais intégrés dans un portefeuille plus large, ils peuvent avoir un impact négatif global et avoir une rentabilité bien moindre que celle escomptée. Lorsque l'aventure a commencé en 2006 chez United Overseas Bank, nous avons dégagé trois principes de base. L'un d'eux vise à inscrire la croissance dans la durée. Pour ce faire, nous avons besoin de trouver les sources d'efficacité et d'identifier et éliminer celles qui ne répondent pas à ce critère.

SAS : SAS et UOB ont entamé leur collaboration, il y a environ un an, sur l'optimisation de portefeuille. Pouvez-vous décrire le problème que nous tentons de résoudre ?

UOB : Normalement, l'optimisation de portefeuille porte sur la répartition des actifs mais nous avons décidé de l'aborder sous un angle totalement différent, celui de la répartition des capitaux. UOB opère dans 18 pays avec des filiales en Thaïlande, en Malaisie, en Indonésie et en Chine. Les capitaux ne sont pas facilement fongibles par-delà les frontières. D'un point de vue stratégique, nous devons choisir où investir et penser en terme de rentabilité, en estimant les taux de rendement attendus dans les différents environnements où nous investissons. Quand nous avons un portefeuille réparti dans cinq grands pays d'Asie du Sud-Est, nous devons le considérer comme un portefeuille de gestion d'actifs classique. La seule différence, c'est que nous n'optimisons pas les actifs, mais le déploiement des capitaux. Nous espérons donc pouvoir utiliser la solution de répartition des actifs pour répartir les capitaux.

SAS : Quelles étaient vos attentes pour ce projet ?

UOB : SAS a répondu à l'appel d'offres que nous avions lancé pour la solution de gestion des risques. Au départ, nous recherchions une solution Open Source, puis nous nous sommes tournés vers la plate-forme SAS® quand nous avons commencé à mieux cerner ses fonctionnalités. Très souvent, les entreprises achètent des solutions prêtes à l'emploi mais avec une durée de vie relativement courte. Nous ne voulions surtout pas d'un système nécessitant une mise à niveau onéreuse tous les 5 ans. Nous souhaitions aussi pouvoir créer des prototypes car nous regorgeons d'idées à tester, et SAS nous en donne largement la possibilité. Depuis le début de notre collaboration avec SAS, nous avons réalisé que nous avions des objectifs assez proches et un même état d'esprit, ce qui nous permet de développer des solutions communes.

SAS : En quoi le système de rapports en temps quasi réel est-il différent de ce que vous connaissiez auparavant ?

UOB : La première fois que nous avons exécuté les modèles de capital économique pour le risque de crédit à l'aide d'une simulation Monte Carlo, il nous a fallu plus de trois jours. Après avoir amélioré le système avec SAS, il a suffi de huit heures. Ensuite, nous avons ajouté la partie risque de marché et là, nous avons réalisé que cela allait prendre 11 jours. Les progrès observés hier encore avec le calcul distribué sont fabuleux. Les calculs complexes ne prennent que quelques minutes. Bien sûr, nos ressources actuelles et les ressources distribuées de SAS sont sans comparaison, mais, entre les deux, il y a une solution qui nous convient.

SAS : Quel sera l'intérêt de cerner les risques en temps réel ?

UOB : En fait, le temps réel n'est pas vraiment nécessaire. Tout ce dont nous avons besoin, ce sont des données en temps quasi réel. Comme les marchés évoluent rapidement, il faut comprendre leurs fluctuations avant tout le monde pour se démarquer de la concurrence. Autrement dit, il faut être capable de mettre les produits sur le marché et de se retirer des marchés le plus vite possible.

Bien évidemment, cette rapidité nous donne envie d'aller encore plus loin. Elle nous permet par exemple de réaliser des simulations à la volée et de disposer de capacités de calcul supplémentaires qui font la différence.

SAS : Et le fait de pouvoir réaliser des calculs en deux ou trois minutes vous ouvre quelles perspectives ? Dans quelle mesure cela va-t-il modifier vos habitudes ?

UOB : L'équipe de gestion des risques va pouvoir démontrer l'impact des grandes décisions de crédit à l'équipe dirigeante. Il sera possible de voir, quasiment en temps réel, les effets des décisions de crédit sur l'intégralité du portefeuille. Et si nous pouvons prendre des décisions complexes avec n'importe quel degré d'exactitude ou de confort en temps quasi réel, nous séduirons les clients et opérerons dans un environnement plus sûr. La possibilité d'évaluer le collatéral plus souvent et de manière plus précise permet d'accepter des marges plus faibles, d'augmenter le volume d'affaires et d'améliorer les performances financières.

SAS : Comment vous situerez-vous alors par rapport à la concurrence ?

UOB : Nous sommes certains que nos homologues envisagent, eux aussi, de mettre en place de tels systèmes. Notre but n'est pas de devenir le numéro un de la technologie de risque, mais d'exploiter la technologie disponible et de renforcer notre solidité financière.

SAS : Et quels véritables problèmes cela vous permettra-t-il de résoudre ?

UOB : Tout d'abord, les prix. Nous manquons actuellement de marge de manœuvre avec certaines transactions complexes que nous effectuons en interne. Nous réalisons une grande partie de nos transactions avec d'autres contreparties et ne prenons pas beaucoup de risques. Par conséquent, nous ne bénéficions pas des spreads. En fixant de meilleurs prix et en cernant mieux les risques, nous pouvons assumer les risques et maintenir les spreads.

SAS : Et en tant que directeur de la gestion des risques, pouvez-vous nous dire à quel point l'accès aux calculs de risque en temps quasi réel changera votre façon de travailler ?

UOB : Le changement sera massif. Le contrôle des risques ne suffira plus. Notre approche de la gestion du risque est très vaste. Nous essayons de voir comment déployer des ressources de gestion du risque pour identifier des opportunités commerciales, mais aussi pour garantir la santé financière de l'entreprise. Je pense également à la protection du système financier au sens large. Nous ne sommes qu'une pièce de l'immense puzzle du secteur financier et la stabilité financière de tout système dépend de celle de ses institutions financières. Nous n'avons aucune influence sur ce que nos homologues font ou ne font pas, mais nous pouvons au moins jouer un rôle en assurant la santé financière de notre entreprise, ou du moins en y contribuant.

SAS : Qu'en est-il de vos différentes divisions ? Si vous pouvez leur fournir des calculs de risque en temps quasi réel, qu'est ce qui changera pour elles ?

UOB : Premièrement, nous pouvons doter les traders d'outils d'aide à la constitution de leurs portefeuilles. Jusqu'ici, lorsqu'une décision débouchait sur la constitution d'un mauvais portefeuille, il était extrêmement coûteux de revenir en arrière. Deuxièmement, il est possible d'analyser des scénarios pour mieux comprendre l'incidence des fluctuations du marché sur les portefeuilles d'activités, que ce soit par secteur géographique ou d'activité. De meilleures analyses ne peuvent déboucher que sur de meilleures décisions.

SAS : Quel peut être l'impact sur l'ensemble du secteur ?

UOB : Cela peut nous permettre d'en appeler aux régulateurs. Vue l'évolution de l'environnement réglementaire, les banques devront réaliser de plus en plus de stress tests. L'autre grande préoccupation des régulateurs, c'est le "stress test inversé" qui consiste à demander aux banques de définir les paramètres qui compromettraient leurs bilans. Extrêmement utiles, ces tests exigent énormément de calculs.

Nous devons pouvoir dire aux régulateurs : « Voilà où nous en sommes. Les infrastructures n'ont pas encore atteint la maturité suffisante pour nous permettre de faire face à tous les impératifs. Nous savons combien c'est important, mais pourrions-nous — l'ensemble des acteurs du secteur — bénéficier de subventions pour remplir notre mission ? » De par les conversations que nous avons pu avoir avec nos homologues, nous savons que nous avons tous le même problème. Lorsque nous avons commencé à nous pencher sur la solution SAS, la crise n'avait pas encore évolué, mais forts de notre expérience, nous avons su prendre la bonne direction et cela vaudrait la peine d'en faire profiter nos pairs.

Nous aimerions mobiliser tout le secteur, au lieu de faire cavalier seul et nous en vanter. Cela n'apporterait rien au secteur, en tout cas pas de mon point de vue, en qualité de Président du comité permanent de gestion des risques de l'Association des banques de Singapour.

SAS : Comment voyez-vous l'évolution du secteur d'ici trois ans grâce à cette solution ?

UOB : Nous pensons que le secteur a besoin d'une créativité positive. Nous voulons néanmoins rester prudents car nous avons besoin de connaître les technologies disponibles et de savoir ce que nous pouvons en faire. Comment ces technologies peuvent-elles nous aider à améliorer les choses ? Je vais vous donner un exemple.

Une dizaine de doctorants travaillent actuellement sur la gestion des risques, ce qui représente la plus forte concentration de doctorants de toute la banque, mais nous n'exploitons pas tout leur potentiel. Ils sont essentiellement occupés à valider les modèles. Nous voudrions industrialiser cette tâche et nous pensons que les technologies qui nous permettraient de le faire existent. Ces ressources pourraient ainsi se consacrer davantage à la recherche et au développement, notamment à celui des produits, du marché, etc.

La solution permettra à l'ensemble du secteur de disposer de meilleurs outils d'analyse décisionnelle et des risques. Elle constituera un tremplin vers une plus grande stabilité financière et économique. Lorsque le secteur découvrira ces possibilités, nous espérons que la culture du risque se renforcera pour aboutir à la solidité financière.

SAS : La crise financière mondiale s'est aussi traduite par une crise de confiance. Pensez-vous que les solutions de ce type peuvent contribuer à rétablir cette confiance ?

UOB : La technologie ne suffira pas à rétablir la confiance. Les banques et les institutions financières font vivre l'économie. Vous avez raison de souligner que la confiance s'est érodée. Si une entreprise est capable de montrer où se situent ses risques et qu'elle veut et peut le communiquer aux parties prenantes, alors la confiance peut être rétablie. Ce qu'il faut développer avant tout, même si la tâche est ardue, c'est la force morale, car c'est cette force qui permet à un directeur de gestion des risques de dire : « je crois que l'on fait fausse route ».

Enjeux

UOB avait besoin de calculer de multiples facteurs de risque sur des millions de crédits et d'instruments de sécurité, mais le processus, qui prenait plusieurs jours, ne pouvait fournir une vision précise des risques.

Solution

SAS® High-Performance Analytics

Bénéfices

UOB peut calculer les risques en temps quasi réel, réduire les délais de mise sur le marché, se retirer rapidement des marchés et identifier de nouveaux débouchés pour acquérir un réel avantage concurrentiel.

Les résultats présentés dans cet article sont spécifiques à des situations, problématiques métiers et données particulières, et aux environnements informatiques décrits. L'expérience de chaque client SAS est unique et dépend de variables commerciales et techniques propres, de ce fait les déclarations ci-dessus doivent être considérées dans un contexte. Les gains, résultats et performances peuvent varier selon les configurations et conditions de chaque client. SAS ne garantit ni ne déclare que chaque client obtiendra des résultats similaires. Les seules garanties relatives aux produits et services de SAS sont celles qui sont expressément stipulées dans les garanties contractuelles figurant dans l’accord écrit conclu avec SAS pour ces produits et services. Aucune information contenue dans le présent document ne peut être interprétée comme constituant une garantie supplémentaire. Les clients ont partagé leurs succès avec SAS dans le cadre d’un accord contractuel ou à la suite de la mise en œuvre réussie du progiciel SAS. Les noms de marques et de produits sont des marques déposées de leurs sociétés respectives.

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